Mbudya Island, Nord de Dar Es Salaam
Tanzanie, Septembre 2007
Vous voulez vraiment que je commente ?

Dar Es Salaam
Tanzanie, Septembre 2007
Karibu in Kariakoo, quartier populaire de Dar Es Salaam. Là-bas, une foule grouillante se croise et s'entrechoque Place du Marché,
dans les allées étroites parsemées d'épices, de légumes, de pinces à linge et d'entonnoirs, de poisson séché et de kangas en veux-tu en voilà. Là-bas, des bras se tendent, des dada,
sister, sister, résonnent et s'accrochent aux cheveux. Là-bas, c'est toute l'Afrique que l'on prend en pleine figure, deux jours après l'arrivée. Là-bas, l'eau dégouline dans la
rue, se mélange à la poussière, les carioles croisent les dalla-dalla et les gamins qui se faufilent dans la cohue. Là-bas, on y dit dans les guides qu'il faut s'accrocher à son sac et
ne regarder personne, surtout pas, ouh-là. Mais là-bas, les gens vous sourient, et vous disent juste de faire attention lorsque vous sortez l'appareil photo. Hakuna matata. Là-bas, la
poussière se faufile jusque dans le cerveau, jusqu'à annihiler tous mes repères d'occidentale.
A Kariakoo, après deux heures d'errance et d'émotions, la chaleur accable, les jambes flageolent et il fait bon se poser dans un boui-boui au détour d'une ruelle. Une indifférence tranquille à
mon égard, je suis blanche, ça étonne vaguement, et alors, qu'est-ce qu'elle veut manger la dame ? Ben c'est-à-dire que la dame, elle est là depuis deux jours et elle ne maîtrise pas encore
vraiment le swahili, m'enfin chakula, pilau, tout ça, sourire en coin de la serveuse toute propre dans sa chemise blanche (comment ils font ? Moi, en trente
secondes, mon T-shirt blanc avait pris une teinte vaguement grise-rouge-beige-jaune-humpffff) et le vlà, ton riz pilau, même que comme t'es sage t'as droit à un soda.
Kariakoo, c'est ma première rencontre avec Dar, et c'est une belle claque.

Jambiani, Zanzibar
Tanzanie, Septembre 2007
"Partir : le plus beau mot de la langue française. Vous savez que vous êtes prêt à l'employer. Partir. Il faut partir. Un jour, nous prendrons des trains qui
partent (Blondin). Vos bagages sont faits, et vous savez que le passé n'est qu'un amas confus posé derrière vous qu'il faut tenter d'oublier, puisque vous êtes en train de naître. Vous savez
que ce qui se passe est très grave, et vous ne faites rien pour freiner. Vous savez qu'il n'y a pas d'autre issue. Vous savez que vous allez faire souffrir, que vous préfereriez l'éviter, qu'il
faudrait raisonner, attendre, réfléchir, mais Partir, Partir est plus fort que tout. Tout recommencer à zéro. La case départ promet tellement."
(Frédéric Beigbeder, L'Amour dure trois ans.)
