
Que sert-il qu'on se contrefasse ?
Prétendre ainsi changer est une illusion :
L'on reprend sa première trace
À la première occasion.
(Jean de La Fontaine, Le Loup et le Renard)

Commana, Bretagne
Novembre 2006

Vers Pornic, Loire-Atlantique
19 novembre 2006
Parce qu'il aurait aimé ce genre de moments. Parce qu'il aurait aimé ce genre de poses. Lui-même avait ce genre de gestes. Et c'est inconsciemment (ou parce que l'on partageait tous le même sens du vrai) que nous avons reproduit cette spontanéité.
Je vais me répéter, mais merci. J'aimerais lister tous ceux qui ont participé ce week-end à cette renaissance nimbée de douleur sourde, mais une pudeur mêlée de retenue m'en empêche. Ils se reconnaîtront. Vous vous reconnaîtrez.
Merci pour vos bras, pour vos sourires, pour vos regards tendres, pour vos rires clairs qui ont illuminé l'instant. Merci pour cette vie toute chaude, haute de deux mois à peine, un petit être qui est si beau que l'on en crève rien qu'à le regarder dormir. On rêve de pouvoir lui hurler à l'oreille que la vie est belle et que s'il tombe, on sera là pour le rattraper avant même qu'il ne se rende compte que le monde s'écroule.
And when the rain begins to fall...
Décidément.
Show must go on.
C'est parti.

Lyon, Octobre 2006
Partir, lui.
Partir pour ne plus revenir. Aujourd'hui, c'est aujourd'hui.
Laisser tout de même une empreinte sur le monde.
Attendre les bras des amis pour se réfugier dans le silence attentif de leur présence. S'enfuir un week-end, revenir à lui. Ensemble.
Puis repartir, nous.
Laisser un sac toujours prêt, pouvoir l'attraper pour parcourir sur un coup de tête le chemin sinueux de la vie. Les voies parallèles, celles que l'on rêve d'emprunter mais que l'on regarde habituellement de loin. Etre prêt à saisir l'instant. Enfiler une paire de chaussures qui traîne et affronter le monde.
Cliché de l'appartement de deux amis lyonnais. Un dimanche après-midi pluvieux, lendemain de fête. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas. Manue, car elle s'appelle aussi Manue. Une amie de celles que l'on quitte et que l'on retrouve quelques mois plus tard sans que rien n'ait changé. Une de celles qui, discrètes et douces, parsèment notre existence de moments heureux. Et moi, comme une conne, je ne lui ai toujours pas donné de nouvelles depuis deux mois, alors que j'aurais tant de choses à lui dire.
Manue, si tu me lis, je t'embrasse.

... le soleil est à l'intérieur.
Croix-Rousse, Lyon
Octobre 2006
"Nous passons notre vie devant une porte sans voir qu'elle est déjà ouverte et que ce qui est derrière est déjà là, devant nos yeux. "
(Christian Bobin, L'éloignement du monde)
