25 décembre 2007
Quelque part dans l'Est.
La route.
Milieu d'après-midi. A mes côtés, mon frère conduit.
Mon petit frère, 10 ans de moins et 15 cm de plus que moi. On ne se connaît pas tant que ça. Rarement partagé, rarement été seuls, face à face, côte à côte. La force des choses ; tous ces
kilomètres qui nous séparent. Et puis sans doute une fausse pudeur. Celle-là, si je la rencontre un jour, faudra que je pense à l'étrangler gentiment.
En route, donc.
Je repense au 25 décembre de l'année dernière, où nous étions là encore tous les deux, lui au volant, quittant une partie de la famille pour en rejoindre une autre.
Encore.
La musique tourne. Les demi-heures défilent. La complicité qui s'est installée m'étouffe parce qu'elle tout comme elle me ravit. Comme souvent dans ces cas-là, je me cache
derrière l'objectif. Les kilomètres défilent. Pas grand-monde sur la route.
La route. 25 décembre. Tout à l'heure, ou demain, je ne sais plus, je ne veux pas vérifier, je recevrai un message étrange d'Olivier. Interrogatif, un peu rieur aussi, mais surtout avide de
conseils sur le sens que je donne à ma vie, moi qui ai vécu quelques changements ces derniers temps. Je lui répondrai, nous échangerons encore une fois. Une dernière fois.
Mon frangin fait le pitre et monte le son. A croire que sous ses côtés bourrus, il perçoit de manière très incisive ce que je peux ressentir à ses côtés.
Et puis ce soir, là, ce soir, un ange a parcouru mon blog, pas à pas, de battement d'aile en battement d'aile. Elle, parce que c'est une elle, a posé de-ci de-là son empreinte toute douce en
marge de quelques clichés. En visant pile, toujours.
Et soudain, juste au-dessus de l'une de ses traces, j'ai relu un commentaire d'Olivier, que j'avais oublié.
"Je préfère tes photos. Mais c'est parce que je n'aime pas lire".
Grand couillon, va.
Bien sûr que tu aimais lire.
C'est juste que tu ne savais pas dire que y'avait des trucs qui te touchaient.
Mais puisque je m'égare et puisque de toute façon, là où tu es, tu t'en contrefous, alors je te dis juste, à toi qui aimais conduire, voir les paysages défiler en musique au gré de tes pensées,
alors je te dis juste :
Bonne route.

Alquezar, Aragon
Août 2007
"Il ressentit une grande ivresse : comme s'il venait de se jeter par la fenêtre. C'était un homme qui avait un certain esprit
pratique : puisqu'il était là, dans les airs, il décida qu'il pouvait aussi bien essayer de voler."
(Alessandro Baricco, Océan Mer)

Et puis cette lumière rose qui éclabousse les murs même la nuit, ça me renverse le bulbe du cerveau à chaque fois en m'émoustillant les papilles du bonheur et de
l'émotion.
Je vous ai dit que j'aimais cette ville ?

Toulouse, février 2007
Le premier qui me sort qu'il y a des Inferi au fond du Canal du Midi, je lui balance une Corne d'Eruptif dans la figure. Que ce soit clair.

Amsterdam
Janvier 2007
Encore le temps d'appuyer sur pause. Ou bien ?

Madrid, décembre 2007
"Roule, grande boule, fourmilière de consciences, terre, roule, teintée d'aurore, chapée de crépuscule, d'aplomb
sous les soleils, nocturne,
roule dans l'espace abstrait, dans la nuit à peine éclairée,
roule... "
(Fernando Pessoa, Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes)
Faites chauffer les moteurs, chaussez votre casque
et roulez jusqu'en 2008, les gens !

Amsterdam, Janvier 2007
"Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y
meurt."
(Albert Camus, La peste)

Madrid, décembre 2007
Zou, Joyeux Noël à tous.
