
Madrid
30 novembre 2007
Une lumière qui nous saute à la figure au réveil
et qui donne la force d'affronter tous les matins du monde.

Gran Via, Madrid
30 Novembre 2007
Petit matin. Le soleil oblique sur les toits de la capitale depuis le balcon de l'appartement. Matin. La lumière d'hiver qui croise les odeurs de cafes con
leche. L'ambiance. Unique. Et puis soudain, au détour d'un trop-plein de joie, la Gran Via.
La Gran Via esta en el centro de Madrid. Hoteles, teatros, cines, cafes elegantes, agencias de viajes, largas filas de coches.
(phrase - de mémoire- issue d'un - vieux - livre de 2nde LV3).

Toulouse, novembre 2007
"Tout le temps d'une rue qui n'en finit pas."
(Paul Eluard, L'entente, in La Vie immédiate)

Mikocheni, Dar Es Salaam
Tanzanie, Septembre 2007

Dar Es Salaam, Tanzanie
Septembre 2007
"Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours..."
(Marguerite Duras, Des journées entières dans les arbres)

Vosges
Novembre 2007
"Dans ma mansarde je me mets moi aussi souvent à la lucarne
rien que pour voir les nuages.
Alors je sens que je vis encore."
(Peter Handke, La femme gauchère)

Quelque part en haut des Vosges
Samedi 17 novembre 2007
Philou, pousse-toi, tu vois pas que tu gênes ?
Tu vois Nico, je t’avais dit qu’on ferait des batailles de boules de neige. C’est pas parce qu’on a trente ans qu’on n’a plus le droit d’avoir une âme d’enfant. C’est pas parce qu’on a trente ans
qu’on ne peut plus passer un week-end tous en tas, au creux d’un chalet chaleureux. C’est pas parce qu’on a trente ans qu’on ne doit plus se laisser émouvoir par la simplicité des jolies
choses.
Je ne veux même pas savoir combien on était. Mais on y était.
Le soleil scintille. Ou alors c’est la neige qui brille. Ou alors j’ai les pupilles qui dansent, je ne sais pas à vrai dire.
Que le temps s’arrête s’il vous plaît. Qu’il s’arrête, j’ai dit.

"On n'a pas idée d'être si seul.
Juliette s'en va très vite, les choses se sont figées de chaque côté de son corps délesté, et c'est elle qui avance maintenant, elle a fini par trouver son rythme. Elle n'a pas peur, pas mal,
elle n'a même pas le temps de s'étonner, de regretter, de pleurer sur son sort. Juste celui de penser que c'est vrai, qu'il avait raison : l'homme qu'il vous faut, pas besoin d'autres
mots. Accord parfait, le seul possible. C'était lui, oui, c'était bien lui."
(Emmanuelle Urien, L'homme qu'il me faut, in La collecte des monstres)
Alors bon, oui, certes, j’admets, généralement, aller au Salon du Livre et en ressortir sans rien, cela relève de la cent-soixante-douzième dimension. Au bas mot.
Je vous entends déjà : " Mais qu’est-ce que t’avais besoin d’y aller, aussi ? ".
Mais euh.
Vous n’êtes pas déménageurs que je sache ?
Bon, donc c’est pas vous qui allez vous déglinguer le dos lorsque je devrai ré-empaqueter les tonnes de bouquins qui s’accumulent allègrement un peu partout dans l’appart. Nan, que personne
n’appelle la SPA, y’en a pas encore dans le frigo. Mais ça ne devrait pas tarder.
Donc je disais. Ah, oui, le Salon du Livre.
Bam. Trois achats.
Faut dire que Les Trois Hespérides* qui m’ont accordé une dédicace étaient agréables en diable. Même qu’elles se coupaient mutuellement la parole pour vanter les mérites du roman de la voisine,
et inversement. Epuisant d’enthousiasme, tout ça. Moi, à côté, étant donné que j’avais oublié mes neurones et ma vivacité d’esprit à la maison, je devais ressembler à un escargot lobotomisé du
bulbe essayant désespérément de faire la roue arrière.
Merci à elles trois pour cette jolie rencontre, et pour les instants hors du monde que leurs ouvrages présagent.
M’enfin je les range où, ces bouquins, moi, maintenant, hein ?
* Patricia Parry, Magali Duru et Emmanuelle Urien.
