Jeudi 13 mars 2008




Rome, Piazza del Popolo
Février 2008



Una domenica mattina : sedersi ed osservare.

Mardi 11 mars 2008




Rome, Février 2008



"Des millions d'yeux se lèvent sur des fenêtres, des ponts, des câpriers comme s'ils parcouraient une page blanche. Nombreuses sont les villes comme Phyllide qui se soustraient aux regards, sauf quand tu les prends par surprise."


(Italo Calvino, Les villes invisibles)

Lundi 10 mars 2008

Bon. Je tourne le dos 5 minutes, et Marie-Laetitia me tague. 

Taguer, définition : se plier à la bonne volonté du lecteur qui fait tourner une chaîne sur la longue route des blogs de France, de Navarre et d’ailleurs, et écrire un article correspondant au bon vouloir dudit lecteur.

Le jeu du jour : dévoiler cinq choses insignifiantes sur soi. C'est parti :



 


 


5. Et enfin, aujourd’hui, 10 mars, c’est mon anniversaire 
Voui, comme je vous le dis, c’est vraiment pas une blague. 
Alors si vous voulez me faire plaisir, et si ça vous tente, vous pouvez aller voter pour moi sur le site du festival de Romans, en cliquant sur le logo rose qui clignote dans la colonne de droite. 
Merci…

Dimanche 9 mars 2008




Cadaques, Catalogne

Espagne, mars 2008



Il faudrait vraiment que j'apprenne à baisser la garde de temps en temps, 
et à déposer les armes.
 
Pas si évident.

Mercredi 5 mars 2008

 


Rome, Février 2008


"Pour connaître une ville, pensa-t-elle, il faut d'abord la vider. Sinon, elle se confond sur la rétine avec son métabolisme, elle se dissout dans une incessante succession de voitures et de visages, de persiennes qui s'ouvrent ou se ferment et d'autobus au ventre bondé, de tout ce à quoi on l'identifie à tort mais dont elle reste la dépositaire résignée. Pour comprendre une ville, comme pour sonder une amitié, conclut-elle, il faut garder le silence : nous avons parfois l'impression de ne vraiment connaître quelqu'un que lorsque nous le savons absent."

(Luis Manuel Ruiz, La ville de l'ange)

Dimanche 2 mars 2008




Rome, Février 2008




"Invisible et libre ! Invisible et libre ! ... (...) elle avait constaté dès le début que, de toute évidence, personne ne la voyait voler. Personne, en effet, n'avait levé la tête, ni n'avait crié : "Regarde, regarde !" - personne ne s'était jeté de côté, n'avait glapi ni n'était tombé en syncope, - personne n'avait éclaté d'un rire dément.
Marguerite volait sans bruit, lentement. (...)"



(Mikhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite)

Samedi 1 mars 2008





Rome, Piazza Navona
Février 2008



"- Pourquoi ça n'a pas marché ? Elle ne vous aimait pas?
- Ca n'a pas marché parce que je ne l'ai jamais rencontrée. Je l'avais bien en tête, je la voyais tous les jours dans ma tête pendant trente ans, mais ça ne s'est pas trouvé. On ne s'est pas rencontrés. L'imagination vous joue parfois de vrais tours de cochon. C'est vrai pour les femmes, pour les idées et pour les pays. Tu aimes une idée, elle te semble la plus belle de toutes, et puis quand elle se matérialise, elle ne se ressemble plus du tout ou même devient carrément de la merde. Ou encore, tu aimes tellement ton pays qu'à la fin tu ne peux plus le souffrir, parce que ce n'est jamais le bon.
Il rigola.
- Et alors, on fait de sa vie, de ses idées et de ses rêves... des cerfs-volants."


(Romain Gary, Les cerfs-volants)


Jeudi 28 février 2008




Rome, Février 2008


C'est parti pour la balade touristique : première étape, la Fontaine de Trevi.



Conseil pratique : si vous voulez observer ladite fontaine de face, 
tournez la tête à 90°, évacuez délicatement le japonais à casquette qui gesticule dans votre champ de vision, et faites le poirier sur le doigt gauche, merci.
 

Mardi 26 février 2008





Toulouse, février 2008

 

Ca vous est déjà arrivé de vous balader dans la rue avec un sourire qui éclate si fort qu’il fait sursauter de trouille les passants que vous croisez ?

Résumons.

Vous revenez sur terre hier, après trois jours et demi dans une ville qui vous retourne les sens. Une ville même que vous aviez oublié à quel point elle était si déconcertante de beauté. Bon, faut dire, la dernière fois, vous l’aviez arpentée à moto, agrippée à la taille d’une chevelure digne de Botticelli, et vous vous étiez même brûlée le mollet droit sur le pot d’échappement de la vieille bécane anglaise. Quand je pense que vous aviez innocemment fait croire à votre Maman, quelques mois plus tard, que cette trace ronde et pour le moins originale sur votre gambette bronzée était due à la marque du tuyau de l’aspirateur qui vous avait bassement attaquée lors d’une intensive après-midi de ménage.

Elle vous avait crue.

Enfin, je crois.

Bref, on s’en contre-cire les platines arrières.


Donc.

Vous reprenez vos dossiers aujourd’hui, encore éblouie par la saveur ocre des murs décrépis de la capitale italienne. La journée s’écoule, la nuit pointe le bout de son museau. Une amie débarque, assoit la moitié de la fesse gauche sur la table qui jouxte votre bureau. Renverse les piles " innovation " et " changement climatique " au passage.  


- Groumf ? 
- Farpaitement, y’en a marre. On décolle ? 
- Le temps d’imprimer un truc ou deux. 
- T’as épilation de nombril, ce soir ? 
- Du tout : vacances scolaires, emploi du temps chamboulé, ranacirer de toute façon, on fait rien qu’à se croiser en ce moment, mfff, quand c’est qu’on vit, dans tout ça ? 
- Attrape-la, ta vie, je déroule quelques saltos arrières pour faire diversion, pendant ce temps tu appelles l’ascenseur et à trois, on court. 
- Trois.  


Quelques ruelles plus tard, nous entrons dans ce tout petit minuscule café repéré lors d’une soirée précédente. Il était alors fermé. Je me souviens avoir collé la truffe contre la vitrine, intriguée et déjà séduite.


Et là.

Là.

Huit personnes maximum, accoudées au bar, ou occupant déjà l’une des trois petites tables. Au mur, des instruments de musique, des journaux défraîchis. Une vieille caisse enregistreuse, de celles qui font ding lorsqu’on actionne la manette, trône sur le comptoir. L’atmosphère est jaune, de ces vieux jaunes qui n’appartiennent qu’aux pages des romans que je dévore en rêvant d’ailleurs. Le patron est de ces anges sans âge, déjà vieux, pas encore vieux, juste ce qu’il faut de rides de vie pour raconter celle que nous ne connaissons pas.

Silence soudain lorsque nous passons l’entrée. Des paires d’yeux inquisiteurs nous agrippent, pas méchamment, ô non, mais avec en contrepoint un message qui nous parvient clairement : On s’connaît ? Vous sortez d’où ?

Le temps de s’asseoir et les conversations reprennent. Pas le choix, le patron nous l’impose, Braucol. Soit, ce sera du Braucol.

Déjà, nous nous sentons chez nous, au milieu du monde, notre monde, enfin, pas celui qu’on nous impose : celui qu’on s’est choisi. Le temps de quelques confidences, le café se remplit. Oh, juste ce qu’il faut, quinze, vingt personnes ?

Et le patron ferme les volets. Nous voici en vase clos, coupés de toute réalité. Avec un sourire, nous reprenons nos élucubrations.


Soudain, une voix s’élève.

A capella, en yiddish ukrainien, debout sur une chaise au milieu de la troupe bohème du café, une femme chante. La lumière décline ; l’estaminet des années 30 respire alors sur la pointe des yeux. Les verres de vin se sont figés au milieu d’un geste, les sens s’embrument, ô temps, suspends ton vol.

La voix s’éteint, et avec elle, la lumière. Ce n’était pas voulu, ô non, les plombs ont juste sauté. Juste histoire d’encourager les rires dans le silence ému qui s’est installé. Juste histoire que la magie se prolonge sans basculer dans un trop-plein d’émotion.

La magie continuera avec un violoncelle sorti de nulle part. Avec un guitariste aux cheveux emmêlés et des chansons dignes de tous les Ferré du monde. Et le patron qui se fait huer lorsqu’il parle de fermer enfin. La dernière ! La dernière, toujours la dernière. M’enfin, y’a des nouveaux, là, qui se demandent si tout cela est bien réel, on ne va pas les laisser ainsi en plan ? Et cette femme, trapue, cheveux courts, qui engueule le patron et qui chante, pour nous, aussi.

Les lumières jouent à la loterie. Enfin, nous nous levons et nous dirigeons vers la sortie, histoire de partir avant le déclin. Pas question. Encore une chanson. Je me retrouve coincée entre le comptoir et une guitare. La lumière décline encore, les voix s’élèvent, le violoncelle s’envole. J’hésite à pleurer.

La chanson se termine sous une salve d’applaudissements et de verres levés. La chanteuse se retourne, plante son regard dur dans le mien, ébauche un sourire, m’attrape le bras et me le serre, fort.

Je me sens chavirer.

 

Un moment au milieu du monde. "On va se faire une jolie vie, tu verras", nous disions-nous il y a quelques mois. 
Ce soir, j’étais en plein dedans, la vie. Et même si je la mérite pas, elle me surprend toujours lorsqu’elle m’enveloppe ainsi, la vie.

 

" T’as l’air d’un papillon
Qui aurait un coup dans l’aile
Et qui cherche son sillon
A travers la flanelle

Mais ma belle
Y faut croire
Que tes p’tits travers
Me remettent à l’endroit
Quand je suis à l’envers "

 

Instants croisés


Maripositas : des instants croisés, comme autant de battements d'ailes. 

Les ailes de ces petits papillons, aussi fragiles et éphémères que ces instants de chance.
Photos volées au temps. Celles qui restent.

Juste des hasards, juste des rencontres ;

Juste l'instinct qui me souffle, au creux de l'oreille : vise, cadre, vite, et appuie.

Nota bene

 

Certaines photos de ce blog sont scannées, elles peuvent donc paraître un peu floues.


Merci !
Un très grand merci à S. Parpand qui a réalisé la bannière de ce blog.


Info :
Les photos présentées sur ce site ne sont pas libres de droits. Merci de ne pas les utiliser.


Me contacter :
Morena

 

        
    

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