Toulouse, fête de la musique
Juin 2007
Tout plaquer. Ca fait bien de dire ça. Ca fait bien d’y croire aussi. Ce n’est jamais facile. Justement. Ca rehausse la faible image de soi. T’as vu un peu, t’as été capable de faire ça. T’avais beaucoup de choses là-bas, pourtant : des amis, un boulot qui te faisait souvent criser mais dans lequel tu t’éclatais. Mais non, fallait que ça bouge. Et puis tu arrives ici, avec de fausses illusions. " Ouais, ça va être bien ". Mais en vrai, t’en sais rien. Les charmes de l’autopersuasion. C’était pas grand-chose, pourtant, mais ça vient à un moment où t’es pas censée le faire. Ben oui, quoi, t’es pas censée être mariée trois gosses et rester posée là où tu es sans emmerder le monde avec tes pseudo-bouleversements à la mords-moi la couenne ?
Mais quand même. La fuite en avant, tout le temps, ce soir, tu lui tires la langue. Bien comme il faut. Tu sais, avec un air narquois, le genre même-pas-mal. Ce soir, la fuite, tu l’assumes. Tu la plantes bien devant toi. La vie, aussi, tu l’assumes. Un air de Jazz oriental au bord de la Garonne, bien plantée au milieu d’un peuple qui vit le rythme de la nuit, avec un air d’Espagne, partout, tout le temps, avec une ville qui te fait toujours sourire, tout le temps. Une ville à portée de main. Tes illusions, elles sont là, il te suffit de les saisir.
Suffire.
Ce soir, j’ai l’impression que toutes les villes européennes dans lesquelles j’ai appris à me laisser vivre se sont rassemblées pour mieux imploser. En douceur, sur un air manouche. Mes Auberges espagnoles et mes Poupées russes, elles sont toutes là, en moi, ces expériences de libération. Pour une fois, au lieu de drainer cette éternelle et pesante nostalgie, elles résonnent avec évidence. C’était écrit. Je suis aujourd’hui loin de tout et loin de tous, mais c’était écrit. Toulouse non comme un aboutissement, mais comme une révélation. En France, mais au bord du monde. Avec le monde, celui d’avant, celui d’après, comme promesse paresseuse et confiante.
Vibrer, se laisser porter, faire acte de résilience (merci S). C’est de ce coup de pouce dont j’avais besoin en ce moment. Merci. Tous ceux qui s’échinent à m’ouvrir les yeux sur les délices de cette ville. Et puis viendront ceux que je ne demande qu’à connaître. Ceux qui m’ouvrent les portes de l’inconnu, calmement, sincèrement, sans pourtant savoir à quoi je ressemble.
La vie, y’a des soirs, je la questionne, je lui crache à la figure, je l’engueule et je lui balance une torgnole, une bonne droite qui la laisse pantoise et qui me laisse aussi sur le carreau. Y’en a d’autres, des soirs, où j’ai comme une envie de la dévorer toute crue, sans assaisonnement, la vie, comme ça, sans me poser de questions.
Je vous en pose, à vous, des questions ?
Commentaires
Tu m'énerves, à être douée comme ça. :evilounet:
Besos muy guapa
Ah mais tu sais que je t'aime, toi!
Une femme écrivain(e), photographe, intelligente, qui s'interroge sur son avenir..Trop de possibilités, trop de potentiel.?...leçon n°1 : se regarder dans la glace et dire "superbe, unique" et vivre pleinement...Elle n'est pas belle, la vie..??..:-)..Trop courte!..
amicalement
Et que faisiez-vous en Région Bretagne ?
Pour en savoir plus, va voir chez moi l'article "tag en série"...
Extra-terrestrialement

Ce matin en lisant ton article une giclée de souvenirs me sont revenu d'un coup , accompagné par un air de Nougaro (note il vivait sur la droite de la photo)
Un leger sentiment nostalgique va accompagné ma matinée