Vendredi 18 janvier 2008

 


25 décembre 2007 
Quelque part dans l'Est. 

 

La route. 
Milieu d'après-midi. A mes côtés, mon frère conduit. 


Mon petit frère, 10 ans de moins et 15 cm de plus que moi. On ne se connaît pas tant que ça. Rarement partagé, rarement été seuls, face à face, côte à côte. La force des choses ; tous ces kilomètres qui nous séparent. Et puis sans doute une fausse pudeur. Celle-là, si je la rencontre un jour, faudra que je pense à l'étrangler gentiment. 


En route, donc. 
Je repense au 25 décembre de l'année dernière, où nous étions là encore tous les deux, lui au volant, quittant une partie de la famille pour en rejoindre une autre. 
Encore. 


La musique tourne. Les demi-heures défilent. La complicité qui s'est installée m'étouffe parce qu'elle tout comme elle me ravit. Comme souvent dans ces cas-là, je me cache derrière l'objectif. Les kilomètres défilent. Pas grand-monde sur la route. 


La route. 25 décembre. Tout à l'heure, ou demain, je ne sais plus, je ne veux pas vérifier, je recevrai un message étrange d'Olivier. Interrogatif, un peu rieur aussi, mais surtout avide de conseils sur le sens que je donne à ma vie, moi qui ai vécu quelques changements ces derniers temps. Je lui répondrai, nous échangerons encore une fois. Une dernière fois. 


Mon frangin fait le pitre et monte le son. A croire que sous ses côtés bourrus, il perçoit de manière très incisive ce que je peux ressentir à ses côtés. 


Et puis ce soir, là, ce soir, un ange a parcouru mon blog, pas à pas, de battement d'aile en battement d'aile. Elle, parce que c'est une elle, a posé de-ci de-là son empreinte toute douce en marge de quelques clichés. En visant pile, toujours. 
Et soudain, juste au-dessus de l'une de ses traces, j'ai relu un commentaire d'Olivier, que j'avais oublié. 

"Je préfère tes photos. Mais c'est parce que je n'aime pas lire". 


Grand couillon, va. 


Bien sûr que tu aimais lire. 


C'est juste que tu ne savais pas dire que y'avait des trucs qui te touchaient. 


Mais puisque je m'égare et puisque de toute façon, là où tu es, tu t'en contrefous, alors je te dis juste, à toi qui aimais conduire, voir les paysages défiler en musique au gré de tes pensées, alors je te dis juste : 


Bonne route.

par Aude publié dans : Palabras
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Commentaires

Que dire ? Je ne sais pas. Ça fait plusieurs fois que je lis tes billets en pensant qu'il faudrait que je te laisse un message, parce que je trouve ça important, parce que tu nous fais partager cela et que j'estime que je me dois de te montrer que je le vois, que ça me touche, mais je ne sais pas quoi dire. Vraiment pas. Même par blogs interposés on se connaît à peine. Et pourtant j'ai envie de te dire que je pense à toi, là.
commentaire n° : 1 posté par : mirza (site web) le: 18/01/2008 08:31:41
Ses mots ont retenu mon attention pendant mon tour du monde... J'ai vu un grand pied de nez derrière un sourire retenu pour cacher le mensonge. Bien sûr qu'il lisait... et peut-être même que les mots avaient plus de sens encore que pour nous qui pouvons dire "encore".
Il y a battement d'Elle et battement de toi... Il n'est pas seul, donc.
L'ange y a trouvé la paix qu'il cherchait, celle qui se niche dans les secrets d'une seule seconde d'une seule vie, saisie, presque au hasard...
commentaire n° : 2 posté par : Cécile (site web) le: 18/01/2008 09:07:23
la photo est superbe, le texte aussi, tu y a laissé beaucoup de toi dedans ça se voit, et ça se sent !!
commentaire n° : 3 posté par : barfly (site web) le: 18/01/2008 10:20:57
Magnifique...
commentaire n° : 4 posté par : Cath (site web) le: 18/01/2008 11:39:24
Admirer l'image, ressentir les mots et ne rien trouver à dire. Mais c'est peut-être le silence qui convient le mieux.
commentaire n° : 5 posté par : Seb (site web) le: 19/01/2008 06:03:53
Ma belle, une fois de plus, je suis loin, il me manque des pièces pour tout comprendre et je me sens incapable de te prouver tout l'amour que je te portes même si entre nous les silences parlent plus que les mots. Tu me manques. Toi, tes calins, tes papouilles, ta capacité à toujours me faire du bien, toi.
Si je le pouvais, je sauterai dans le premier avion pour venir te voir, mais...
commentaire n° : 6 posté par : C. le: 20/01/2008 03:48:11
Etonnant comme ton trajet du vingt-cinq ressemble au mien... quelques personnes de plus comprises dans l'habitacle... marrant la similitude...
Certains adorent commenter les images, de peur de trop se confier peut-être sur les mots.... (grand tort ! On se confie aussi en parlant d'une photo... hé, hé)
Bises et bon début de semaine Morena
commentaire n° : 7 posté par : sieglind la dragonne (site web) le: 21/01/2008 08:31:49
Moi aussi j'ai un frère qui s'en fout maintenant d'où il est... un grand frère (dans tous les sens ;-)) pour lequel on aurait pu tordre aussi cette pudeur entre nous... C'était sûrement différent, mais tes mots sont si beaux... bises ;-)
commentaire n° : 8 posté par : fbd (site web) le: 21/01/2008 19:16:12
Je crois que Seb a tout dit. Ou alors, il a exprimé exactement (et bien mieux) ce que je voulais dire...
commentaire n° : 9 posté par : gehenne le: 22/01/2008 01:38:22
C'est malheureusement souvent "çà" entre les frères et soeurs ..
cette pudeur, cette gène qu'on meuble en racontant et en faisant n'importe quoi, tous les "je t'aime" qu'on ne sait comment dire..
tes mots sont très justes et m'ont beaucoup touchée, moi qui ai un frère plus jeune et si loin... 
ton image est très belle aussi..
à bientôt..
commentaire n° : 10 posté par : cappuccine (site web) le: 22/01/2008 17:31:28
...
commentaire n° : 11 posté par : Violette (site web) le: 24/01/2008 00:04:38
Oye mariposa, por donde andas ?
commentaire n° : 12 posté par : Khassiopee (site web) le: 24/01/2008 22:18:51

Comment mettre des mots sur ce que j'ai ressenti en lisant ton article? Je ne sais pas trop, mais il m'a touche et enormement emu... Comment faire concis et decrire ce que l'on a ressenti sans paraitre maladroit ? Peut etre a travers le commentaire de Seb. 
Je laisse a mon tour le silence porter l'emotion...

commentaire n° : 13 posté par : Jerome (site web) le: 25/01/2008 15:14:28
Bonjour,
C. 03:48:11..Èmouvant dialogue par blog interposé...La route est belle, mais l'abscence....
commentaire n° : 14 posté par : jelb (site web) le: 29/01/2008 15:03:25
Morena,

Je ne sais pas toujours comment te le dire, alors parfois moi aussi je me contente de regarder ici en silence.
Seulement voilà, tu m'émeus.
commentaire n° : 15 posté par : L'Oeil regardait cahin-caha (site web) le: 31/01/2008 21:03:20

Photo et texte : émouvants... terriblement émouvants...
Grosse pensée pour toi... Besos

commentaire n° : 16 posté par : Bobo le: 31/01/2008 22:17:00
De là où il est, il devrait préférer le texte, cette fois-ci.
commentaire n° : 17 posté par : M le: 07/02/2008 17:12:06

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Instants croisés


Maripositas : des instants croisés, comme autant de battements d'ailes. 

Les ailes de ces petits papillons, aussi fragiles et éphémères que ces instants de chance.
Photos volées au temps. Celles qui restent.

Aucune technique photographique.
Juste des hasards, juste des rencontres ; juste l'instinct qui me souffle, au creux de l'oreille :
vise, cadre, vite, et appuie.

Nota bene

 

Certaines photos de ce blog sont scannées, elles peuvent donc paraître un peu floues.


Merci !
Un très grand merci à S. Parpand qui a réalisé la bannière de ce blog.


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Les photos présentées sur ce site ne sont pas libres de droits. Merci de ne pas les utiliser.


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