
Rome, Février 2008
"Pour connaître une ville, pensa-t-elle, il faut d'abord la vider. Sinon, elle se confond sur la rétine avec son métabolisme, elle se dissout dans une incessante
succession de voitures et de visages, de persiennes qui s'ouvrent ou se ferment et d'autobus au ventre bondé, de tout ce à quoi on l'identifie à tort mais dont elle reste la dépositaire résignée.
Pour comprendre une ville, comme pour sonder une amitié, conclut-elle, il faut garder le silence : nous avons parfois l'impression de ne vraiment connaître quelqu'un que lorsque nous le savons
absent."
(Luis Manuel Ruiz, La ville de l'ange)
