Mardi 13 mars 2007



Dimanche soir, une petite princesse de ma connaissance m’envoie depuis le train un petit message. Qui parle d’un " week-end comme une bulle de savon. Fragile, irisé, léger et beau. "

Juste envie de pleurer.


Juste envie de lancer à la face du monde le bonheur de ces deux, trois jours ensemble.
Au creux de mes amis. Au creux de leurs bras, au creux de leur tendresse et de leur inénarrable manière d’être qui me touche tanto tanto. Au creux de leurs délires.

Juste impossible de revenir à la réalité. Juste impossible de les appeler pour leur dire…

Des cafés à répétition au fil des arrivées le vendredi. Qui a loupé son train ? Maximum bamboule, départ à l’arrache, qui prend les duvets, qui a pris le cubi ? Faut pas déconner quand même, j’ai oublié mon duvet, tu te fiches de moi, j’ai pas assez prévenu ? Ah bravo ! Geoooooooooooooorges ! Demi-tour intempestif dans le boulevard, comment ça des bouchons ? Pardon, tu disais ? On a loupé la sortie ? A pas peur, je suis presque certaine que l’échangeur est un peu plus loin… presque… hein ? Ah, tu vois, j’avais bon !

Bonjour Madame Gîte, ce serait pour une méga teuf partie week-end, oh non, on ne sera pas nombreux, vous pensez. Pfiou. Hein ? Dépasser les quotas de lits ? Vous n’y songez point (punaise j’espère qu’ils ont pris des matelas en rab). Promis on touchera à rien. Vous dites ? Les allumettes sont dans le canard ? Mais bien sûr, et alors, la marmotte… Bip bip, ah enfin, vous vous êtes paumés ou bien ? Qui épluche les pommes ? Bordel on a oublié les plats à tarte. Hop pré-apéro, faut pas déconner quand même, hein ? De quoi-t-est-ce ? Ah oui du feu. Chaaaaaaaaaaaaaaaarles ? Merci. Dans le canard, on te dit. Vlan, six parisiens qui déboulent à minuit, et ben on est pas couchés, moi j’vous l’dis. Comment ça déjà des cadeaux ? Ah bah oui, Noël, tiens, un 9 mars, pourquoi pas. Allez hop à Créteil. Qui a posé ses affaires sur le lit de Nico ? On s’en fout, y jarte, c’est le lit de Nico, on vous dit. Pas touche, c’est à côté de moi qu’il dort. Gouzi ? Quelqu’un a vu Philou ? Ben oui tiens, je viens de marcher dessus. Oups. Allez zou bonne nuit. Non arrêtez, c’est pas le moment de raconter des blagues. " C’est écrit serré ", il veut une torgnole ou bien ?

Samedi, un mollusque qui par l’intermédiaire d’un cassis (comment ça c’est pas clair ?) me souhaite le premier un joyeux anniversaire. C’est parti mon kiki, comment ça on a oublié d’apporter du lait ? Depuis quand tu mets du lait dans ton café ? Faudrait voir à pas pousser mémé, les filtres en sopalin, ça le fait très bien. D’t’façon c’est la faute à Nim. Du sucre ? Pis quoi encore ? Le premier qui grumbble, je lui emplafonne sa veg. Faudrait voir à aller acheter de quoi survivre. Convoi. Deux bagnoles ? Ben tiens, pourquoi faire simple, on va en prendre trois, et laisser les derniers se rassembler tranquillement. " Ca va toi, bien dormi ? Mmmmh, je sais pas encore. ". Ok.

Marché de Dol de Bretagne.
Et ben en fait, ça dépote grave. Sur le marché, valse improvisée au son de l’accordéon, enfin bon, Fred ne maîtrise pas les pas, mais on ne va pas commencer à couiner, les tochtones partent en courant, m’enfin c’est qui ces tarés ?

Des bulles, des bubulles, des millions de bubulles, des patates, cent patates, bordel c’est qu’on en a une à récupérer, on traîne, on traîne, mais qui va à la gare ? Des huîtres ? Eurk, m’enfin c’est vous qui voyez. Retour en farandole, vas-y que je te double sur ce chemin de campagne, braval, on s’en fout, j’ai mon Cassis et mon Nico avec moi, Moonlight Shadow, émotion, je ne sais pas comment leur dire, pas besoin, ils comprennent, une main sur mon épaule, un regard en coin, hop, je roule dans le soleil, on est bien, je ne pense à rien, rien, rien d’autre qu’à ce bonheur qui m’étouffe, ces deux-là, je voudrais leur crier mon bonheur de les voir, lunettes de soleil, punaise ça fiche des larmes aux yeux tout ce soleil, comprends pas.

Dérapage incontrôlé dans la cour des gîtes, pviouuu, hop il fait trop beau, débarrassage des tables de jardin, on va pas se gêner, rien autour, du vert, du vert, du vert, déjeuner jusqu’à 16 heures au soleil et en musique, merci Coralie, t’es une chef Coralie, qu’aurions-nous fait sans toi Coralie ? Je me laisse porter, ne comprends rien, batifole, cours partout sans servir à rien, j’attrape au vol un bisou, un sourire, je plane, laissez-moi pleurer, c’est pas le moment, du bout de la tablée je les observe, tous ces êtres qui ont fait le déplacement juste pour moi et pour le plaisir d’être ensemble, le soleil m’éclabousse, j’en crève tellement je suis heureuse.

C’est pas fini, des voitures arrivent, juste le temps d’un café, oui mais il n’est pas comme à Venise, tu veux une baffe ? Et c’est parti pour la balade sur la plage, dixit Bénabar, hop on a doublé la population du bled en deux temps trois mouvements, effrayé trois caniches, mis en déroute deux petites vieilles qui passaient par là, streap tise, ben voyons, y’a du vent, ou bien ? Elle est où la mer ? Qui veut faire du char à voile ? La balançoire d’abord ! ! ! Interdite aux plus de douze ans ? Rien à secouer, c’est mon anniversaire, c’est pas celui de ta mère. Photo de famille, la plage s’étire, les promeneurs aussi, ces images qui défilent, le présent, rien que le présent, le présent tout le temps. Profite, petite, profite de les voir tous, les groupes qui se mélangent au gré des pas dans le sable, faut forcément qu’il y en ait un qui couine, comment ça c’est quand qu’on arrive, m’enfin y va pas se taire, le papy ?

Y’en a qui au retour vont faire les courses (quand je vous dis que je n’ai rien fichu), comment ça elle est pas fichu de répondre à son portable le jour de son anniversaire ? Du charbon ? Y’en a. Assez ? Hein ? Crêpes, ou bien ? Prenez de quoi faire un gâteau, plutôt. Ah non, Plutôt c’est le chien de Mickey. Et de la pomme. Evidemment. Pendant ce temps, y’en a un qui cherche son sac et les autres qui jouent au loto. Nawak. J’vous jure. A qui j’éclate sa tronche au ping pong ? Même pas peur. Surtout ne changez rien, je suis bien, mieux que bien, je veux que le temps s’arrête, la soirée débute, surtout qu’elle n’avance pas, non, je ne veux pas.

Feu dans la cheminée, cette fois c’est parti, un barbecue le 10 mars au soir en Bretagne, vous y croyez ? Même pas peur, qui a eu l’idée de ficher 150 saucisses sur la grille, puisqu’on vous dit que ça prûûûûle ! Les étincelles scintillent, même pas émue. C’est l’heure des cadeaux, y’en a partout, ça déborde, ça dégouline, je ne suis plus à l’aise, ce chant, ce chant, vingt personnes qui clament ce refrain, ça me fiche les tripes en l’air, j’adore, j’en re-veux, je réclame, ils recommencent, dans le noir, les bougies qui clignotent, non, je ne pleurerai pas, pas là, c’est trop beau, le cœur qui fait boum, un cadeau, deux cadeaux, trois…ils me connaissent trop bien, c’est pas possible, je ne réalise plus, et soudain les larmes éclatent, c’est trop, hop les bulles, les bubulles, et si on dansait ? Virée de salsa, la la la la, hein Aymeric ? Micka à fond, la nuit s’éternise, Coch et Bobo font leur cinéma, on croit être couchés, mais y’en a qui continuent leur trip… Chhhhht, chhhht, tip tip tip des pas dans l’escalier, montre ton cubi ! Bien sûr….

Le dimanche se passe de câlins en serrements de cœur, un moment magique de jeu de bulles à la lumière du matin ensoleillé, hop ménage, hein ? Où ça une serpillière ? Faut pas pousser, z’allez pas partir maintenant, la proprio nous accorde du rab, hop délire à bulles dans la cour, jurançon, ben voyons, je ne maîtrise plus rien, ni les horaires, ni la bouffe, merci Coralie, Vincent, et les autres, le soleil s’éternise, j’oublie des trucs, des tas de trucs, les départs qui ponctuent la fin de l’après-midi, "Vincent, François, Paul et les autres", ce film, toujours ce film qui revient en tête, les absents, on y pense, ils sont là, mieux que l’on ne saurait l’imaginer, Merci Locus, merci Manue, mes deux Manue, merci Fred ("à la plus belge"), merci Elias, cher Elias… Comment vous le dire ?

Un dimanche soir qui se termine à six au lieu de trois, merci Cath, merci Steph, Brewenn, Gabrielle  et Sylvain, c’est qu’on est si bien ensemble, activage heure moins 15 minutes avant le train, je fonce chercher la voiture, descendez de l’appart, je vous jette à la gare, trop vite, suffisamment pour percevoir l’émotion, ragazza d’oro, ils l’ont eu leur train, tard, mais ils l’ont eu. Ca fait partie du charme.

Je ne sais comment vous le dire, tous.
Merci.
Ce mot est si faible.
Un week-end hors du monde, un week-end comme une bulle de savon. Merci aux 21 présents, merci à tous ceux qui l’ont été de loin, si près pourtant.

 

Grazie, gracias, merci, du fond du cœur.

 

 

 

Instants croisés


Maripositas : des instants croisés, comme autant de battements d'ailes. 

Les ailes de ces petits papillons, aussi fragiles et éphémères que ces instants de chance.
Photos volées au temps. Celles qui restent.

Juste des hasards, juste des rencontres ;

Juste l'instinct qui me souffle, au creux de l'oreille : vise, cadre, vite, et appuie.

Nota bene

 

Certaines photos de ce blog sont scannées, elles peuvent donc paraître un peu floues.


Merci !
Un très grand merci à S. Parpand qui a réalisé la bannière de ce blog.


Info :
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