Instants croisés



Maripositas : des instants croisés, comme autant de battements d'ailes. 

Les ailes de ces petits papillons, aussi fragiles et éphémères que ces instants de chance.
Photos volées au temps. Celles qui restent.

Juste des hasards, juste des rencontres ;

Juste l'instinct qui me souffle, au creux de l'oreille : vise, cadre, vite, et appuie.

Nota bene


Certaines photos de ce blog sont scannées, elles peuvent donc paraître un peu floues.



On remarquera par ailleurs que les photos sont signées "Morena", et les articles "Aude".

C'est bien moi...

Cherchez pas le pourquoi du comment, ce serait trop long à explicationner !

(Nan, je ne souffre pas d'un dédoublement de la personnalité... Enfin, je ne crois pas...)




Merci !
Un très grand merci à S. Parpand qui a réalisé la bannière de ce blog.




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Tanzanie

Mardi 18 septembre 2007




Jambiani, Zanzibar

Tanzanie, Septembre 2007


"Partir : le plus beau mot de la langue française. Vous savez que vous êtes prêt à l'employer. Partir. Il faut partir. Un jour, nous prendrons des trains qui partent (Blondin). Vos bagages sont faits, et vous savez que le passé n'est qu'un amas confus posé derrière vous qu'il faut tenter d'oublier, puisque vous êtes en train de naître. Vous savez que ce qui se passe est très grave, et vous ne faites rien pour freiner. Vous savez qu'il n'y a pas d'autre issue. Vous savez que vous allez faire souffrir, que vous préfereriez l'éviter, qu'il faudrait raisonner, attendre, réfléchir, mais Partir, Partir est plus fort que tout. Tout recommencer à zéro. La case départ promet tellement."


(Frédéric Beigbeder, L'Amour dure trois ans.)

Par Morena
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Mercredi 19 septembre 2007



Dar Es Salaam
Tanzanie, Septembre 2007



Karibu in Kariakoo, quartier populaire de Dar Es Salaam. Là-bas, une foule grouillante se croise et s'entrechoque Place du Marché, dans les allées étroites parsemées d'épices, de légumes, de pinces à linge et d'entonnoirs, de poisson séché et de kangas en veux-tu en voilà. Là-bas, des bras se tendent, des dada, sister, sister, résonnent et s'accrochent aux cheveux. Là-bas, c'est toute l'Afrique que l'on prend en pleine figure, deux jours après l'arrivée. Là-bas, l'eau dégouline dans la rue, se mélange à la poussière, les carioles croisent les dalla-dalla et les gamins qui se faufilent dans la cohue. Là-bas, on y dit dans les guides qu'il faut s'accrocher à son sac et ne regarder personne, surtout pas, ouh-là. Mais là-bas, les gens vous sourient, et vous disent juste de faire attention lorsque vous sortez l'appareil photo. Hakuna matata. Là-bas, la poussière se faufile jusque dans le cerveau, jusqu'à annihiler tous mes repères d'occidentale. 
A Kariakoo, après deux heures d'errance et d'émotions, la chaleur accable, les jambes flageolent et il fait bon se poser dans un boui-boui au détour d'une ruelle. Une indifférence tranquille à mon égard, je suis blanche, ça étonne vaguement, et alors, qu'est-ce qu'elle veut manger la dame ? Ben c'est-à-dire que la dame, elle est là depuis deux jours et elle ne maîtrise pas encore vraiment le swahili, m'enfin chakula, pilau, tout ça, sourire en coin de la serveuse toute propre dans sa chemise blanche (comment ils font ? Moi, en trente secondes, mon T-shirt blanc avait pris une teinte vaguement grise-rouge-beige-jaune-humpffff) et le vlà, ton riz pilau, même que comme t'es sage t'as droit à un soda.
Kariakoo, c'est ma première rencontre avec Dar, et c'est une belle claque.

Par Morena
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Jeudi 20 septembre 2007


Mbudya Island, Nord de Dar Es Salaam

Tanzanie, Septembre 2007

 


Vous voulez vraiment que je commente ?

Par Morena
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Samedi 22 septembre 2007

 


Stone Town, Zanzibar

Tanzanie, Septembre 2007



"Non, les hommes ne savent jamais comment il faut aimer. Rien ne les contente. Tout ce qu'ils savent, c'est rêver, imaginer de nouveaux devoirs, chercher de nouveaux pays et de nouvelles demeures."


(Albert Camus, Le malentendu)

Par Morena
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Dimanche 23 septembre 2007




Cratère du Volcan Ngorongoro
Nord de la Tanzanie, Septembre 2007



Une fois à ARUSHA, prenez à gauche en sortant. A partir de là, c'est tout droit. Roulez, roulez, profitez encore de la zone asphaltée. Traversez la plaine Masaï et soupirez d'aise à la vue des silhouettes colorées et des troupeaux tranquilles. Tournez-vous vers vos compagnons de voyage dans un élan d'enthousiasme... et réalisez qu'ils roupillent vaguement. Groumffez, et replongez votre museau par la fenêtre pour boire, boire le paysage jusqu'à plus soif. 
Faites une pause d'une nuit à MTO WA MBU, littéralement, "La rivière des moustiques" et repartez le lendemain à l'aube en arborant glorieusement vos mollets épargnés par ces bestioles infâmes, vous qui en temps normal attirez tout ce qui pique. Calez-vous au fond d'une jeep et laissez-vous emmener dans la zone de conservation du Ngorongoro. Répétez-vous que vous êtes en train d'entrer dans la mythique Vallée du Rift. Vous n'arrivez pas à réaliser ? Normal, ça viendra plus tard. Refermez donc votre col en attendant, c'est que ça grimpe et que ça commence à cailler sévère. Evitez juste de vous emmêler les cheveux dans votre foulard, ça fait rire la compagnie et c'est mauvais pour l'image de fille sérieuse et droite que vous vous efforciez de donner. Couinez un peu, pour la forme. Vous savez pas couiner en anglais ? Boarf, mais si, en cherchant bien. Reniflez ostensiblement de la narine gauche histoire d'afficher votre mépris. Mais évitez juste de baver sur le genou du conducteur lorsque vous assistez soudain à une scène magique, à savoir les nuages qui se déversent dans le cratère comme une chute d'eau immense et vertigineuse.
Globalement, c'est à ce moment-là que vous sentirez l'émotion monter en flèche. Exigez une pause. Descendez de la voiture, ramassez votre dignité qui s'est cassée la figure au passage, et posez-vous un peu devant la scène. Noyez-vous dans les tuniques rouges des Masaï et chouinez un bon coup : ça défoule.

Par Aude
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Mardi 25 septembre 2007


Dar Es Salaam

Tanzanie, Septembre 2007


Mesdames, vous qui avez croisé mon objectif (celui de mon appareil photo, et celui de mon désir de découvrir, toujours plus avant, les mystères et les beautés de notre monde) ; vous qui sirotiez un soda à la saveur sucrée, saveur d'une pause bien méritée ; vous qui aviez le regard chargé de ce vécu que je n'approcherai jamais qu'à travers mon imagination ; vous qui avez fait preuve d'une patience sans pareille face à ma maladresse en langue swahili ; mesdames, que faites-vous à cette heure-ci ?
Que faites-vous, tous, vous dont j'ai croisé la route le temps d'un café à Coco Beach, le temps d'un week-end, le temps d'un trajet historique au milieu de la forêt de Jozani, le temps d'une plongée au pays des lions, le temps d'une balade en bateau en direction du turquoise ?
Dites-moi, dites-moi que tout cela avait un sens, que je n'ai pas encore réussi à le percevoir, ou qu'il reste tapi là, au fond de moi, en attendant d'éclore. 
Paraîtrait que la réacclimatation ne concerne que les géraniums en pot. N'empêche que ce soir encore, le sentiment de déconnexion est tel que j'en aurais presque envie de me laisser pousser des pétales.

Par Aude
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Samedi 29 septembre 2007




Jambiani, Zanzibar
Tanzanie, Septembre 2007

Par Aude
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Lundi 1 octobre 2007



Serengeti, Tanzanie
Septembre 2007


Bon. Admettons. Vous êtes tranquille pépère en train de perdre les eaux tellement c'est beau, autour de vous. Cette immensité imposante, une plaine qui s'étale à l'infini, le jaune brûlé, les montagnes bleues au loin, les rayons du soleil obliques qui percent les nuages, tout ça, bref on y reviendra. Donc vous êtes en plein milieu du nombril du monde (j'ai piqué l'expression à Vincent, chut, vous lui direz pas), il est 16h, la lumière commence à prendre ces tonalités brûlantes qui rendent barges, et vous tombez sur ça. Bon, c'est hyptonisant, c'est magique, c'est dingue parce que c'est si proche, pfiou. 
Mais jusque-là, y'a rien de drôle. C'est juste fabuleux.
Ce qui est drôle, c'est quand vers 17h on vous dit : "Bon, ben c'est qu'il faudrait voir à pas trop traîner, là, parce que l'orage approche, et puis c'est qu'on a des tentes à monter". Jusque-là encore, ça va. Voyez pas pourquoi s'agirait de s'énerver. Hakuna Matata, bordel.

Ouais, Hakuna Matata, qu'y disaient. 
Mouarf.

Non parce que le coup du montage de la tente sous l'orage, ça mériterait un article entier. Mais là n'est pas le problème. Le problème (Jean-Claude), c'est quand on s'attend à trouver un campement. Ou un truc qui y ressemble. Et qu'en fait, on arrive au pied d'un gros rocher, au milieu de la plaine et de quelques arbres qui semblent avoir été plantés là juste pour faire joli.

 

- C'est joli ce gros rocher, dites-moi. Mais pourquoi qu'est-ce donc qu'on s'arrête là ?
- Because parce que c'est là qu'on monte les tentes.
- ...
(silence interloqué).
- Yes, et faudrait voir à pas s'enraciner, don't you see it is raining ?
- Nan mais heu. Qu'est-ce que je voulais dire. Ah, oui : et donc, ce rocher, il a une signification particulière ? 
- Yes, it is the repère of the lions.
- Of the ? 
- Lions.
-
(fou-rire fébrile) But you mean, lions... like lions ?
- I mean.


Le pire, c'est qu'il exagérait pas, le monsieur. Enfin sur le coup, comme je vous disais, on n'a pas bien eu le temps de réfléchir, rapport à l'orage et à la nuit qui tombait dru. Et puis arrive le moment du repas. J'y reviendrai aussi, je pense. Mais là où je veux en venir, c'est que pendant qu'on était tranquillement en train d'évacuer le stress en rigolant comme des tordus, dehors autour d'une table qui tenait à peine droit, autour d'une bougie, on a soudain entendu : ROAAAAAAAAAAAAAAAAAAR.

Pardon ? Qu'acoustiquais-je ?

ROOOOOOOOAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAR.

Ah, merci, j'avais mal compris.

(voix fluette étranglée par une trouille sans nom) : Stuaaaaaart ?
- Yes ?
- What was this joli noise ?
- Oh, this was a lion.
- ...
- Ah, and I was forgetting : don't let any food traîner là-dehors, hein, et évitez aussi de laisser vos shoes in front of the tent tonight, because figurez-you que les hyènes ont pour habitude de passer dans le coin.

-... (évanouissement collectif)

Puis vient l'heure où fait tellement froid (et puis c'est qu'on décolle demain à 5h) qu'il faut bien songer à aller se coucher. Problème : il est hors de question que je m'éloigne seule, ne serait-ce qu'à trois pas, dans la nuit noire, pour aller faire pipi, alors que le roi des animals traîne dans le coin et que je l'entends grogner.
Donc chacun dans sa piaule, zou. Mouarf, une piaule en toile, ne pas penser à ce que ça donnerait si un lion décidait de frapper à la porte.

Et là, long, long, très long moment de solitude. Toute la nuit, on entend les ROAAAAAR qui se rapprochent, et on retient son souffle lorsqu'on sent les hyènes frôler la toile de la tente. Et puis c'est qu'une hyène qui hurle, ça fait un bruit qui te trifouille le ventre que t'en es à deux doigts d'appeler ta mère.

Mais j'ai survécu, et j'en suis pas peu fière.

Par Aude
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Samedi 6 octobre 2007




Mikocheni, Dar Es Salaam
Tanzanie, Septembre 2007

Par Aude
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Lundi 22 octobre 2007




Zanzibar Town
Tanzanie, Septembre 2007

Par Aude
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