Instants croisés



Maripositas : des instants croisés, comme autant de battements d'ailes. 

Les ailes de ces petits papillons, aussi fragiles et éphémères que ces instants de chance.
Photos volées au temps. Celles qui restent.

Juste des hasards, juste des rencontres ;

Juste l'instinct qui me souffle, au creux de l'oreille : vise, cadre, vite, et appuie.

Nota bene


Certaines photos de ce blog sont scannées, elles peuvent donc paraître un peu floues.



On remarquera par ailleurs que les photos sont signées "Morena", et les articles "Aude".

C'est bien moi...

Cherchez pas le pourquoi du comment, ce serait trop long à explicationner !

(Nan, je ne souffre pas d'un dédoublement de la personnalité... Enfin, je ne crois pas...)




Merci !
Un très grand merci à S. Parpand qui a réalisé la bannière de ce blog.




Info :
Les photos présentées sur ce site ne sont pas libres de droits.

Merci de ne pas les utiliser.



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Palabras

Jeudi 27 juillet 2006


"C'est vrai qu'il y a encore des étoiles
Et qu'elles sont belles
Que brûler leur donne
En fruit la lumière,
Et que rien ne dit
Qu'en leurs feux de pierre,
Elles ne sauront rien
De nos mains qui grouillent,
De nos mains qui fouillent."


Eugène GUILLEVIC

Par Aude
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Mardi 29 août 2006

"Il est des heures vides, creuses, qui portent en elles le destin".

(Stefan Zweig,  L'amour d'Erika Ewald)

Par Aude
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Mercredi 15 novembre 2006




On se sent con. De n'avoir rien vu, de n'avoir rien su. Toute la nuit, toute la journée, on cherche des réponses, des excuses. On écrit. Des conneries. Des choses toutes bêtes qui ne recèlent pas le quart de ce qui nous brise le coeur. On ne savait pas qu'on en était si proches. On ne réalisait pas l'importance qu'il avait pour nous. Les bras qu'il maintenait toujours ouverts. On entend de fragiles voix amies au téléphone, on discute, on dissèque, on se parle sans s'écouter, car on a seulement besoin de parler. Pour ne rien dire. On s'ausculte, on égotise, encore, toujours, sans cesse. Sa protection discrète, son impulsion follesque. Sa douceur. Sa gentillesse. Sa manière de plisser l'oeil gauche en guise de défense ou juste avant de balancer une énormité. Moules-frites à volonté. Sa guitare au coin d'une cheminée, au creux chaleureux d'une maison aux volets bleus. Une autre idée de la maison du bonheur.

 

J'aimerais parler de lui. De son incapacité chronique à concevoir que son désespoir pouvait nous importer. De son altruisme exacerbé au point de tout faire pour nous permettre de nous épancher sur nos petits tracas quotidiens, sans oser dévoiler ce qui le rongeait vraiment. Je ne peux pas. Ce n'est pas vrai. Ce ne peut pas être vrai. Et pourtant, je parle déjà enfin seulement ... je parle au passé.
Demain, je me sentirai encore ridicule d'avoir mis cet article en ligne, encore une fois au milieu de la nuit. Le manque de sommeil, la culpabilité, l'incompréhension et la démesure de l'inconcevable me protègent, à cette heure au milieu de nulle part.


Demain, je regretterai. Ai-je le droit de lancer ainsi son visage à la face du réel.
Ou du virtuel. Tout dépend.

Ce soir, je sais juste que j'en ai besoin.

Par Aude
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Samedi 18 novembre 2006


"Si tes larmes coulent, il faut les ramasser pour en faire un collier", disait Grand-Mère.


"Mais pas des larmes de crocodile, petite fille ! Ca ne deviendrait qu'un collier de billes..."


(Mylène Farmer, Lisa-Loup et le conteur)

Par Aude
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Lundi 8 janvier 2007

 

                        Une crêperie, la mer de nuit, une liste de courses, arrêts intempestifs sur la départementale, t’as pas un plan, on a perdu M., ah non, il est au rayon saumon, Minihy house, une chanson de Mecano, un Livre d’or, da veg d’abord, un t-shirt à l’envers, qui veut une crêpe ? t’es pas chez Mémé, ah bah si, justement, les vagues, la pluie, le vent, c'est officiel, elles étaient pas clean, des interviews très très privés, une écharpe orange coincée dans les ronces et de valeureux chevaliers, " Oui ", 4h du matin sur un sentier paumé, des fantômes socialistes, stationnement interdit et bonne année marraine, un bled qui s’appelle Boured, quels étaient les trois évêchés, que d'la pomme, y'en a, les Beach boys et une danse endiablée, qui prend le lit de bébé ? façon trappeur sur le tapis, un poncho bleu mal réveillé, bonjouuuuuuuuuur, une cheminée, un chien mal assuré, petit déjeuner vénitien, qui c’est qu’a ronflé, un sms inconnu, bonne année aussi, t'es qui eff que tu baizes, debout sur une chaise le bras en l’air histoire d’avoir un réseau, quelqu’un a vu le martini ? si elle nous remet Alizée je lui fais bouffer la guirlande, des bougies, des tas de bougies, vous voulez pas fermer cette p.... de porte ? Aznavour, quelques larmes cachées dans l’épaule de Cath, un chat de cirque, Vincent, François, Paul… Paul. Manu. Des voix qui ronronnent, des regards qui murmurent une tendresse inavouée, un mollusque qui éclate de rire, il reste du café ? les yahourts à la cerise, les rêveurs et les têtes ensommeillées, ce n'est pas comme cela qu'on détruit Tokyo, les conversations sérieuses… ou pas, des attentions constantes, les bras des uns, les sourires des autres, un sapin qui clignote et qui finira planté au fond d’un jardin, une montre qui avance, la vie qui redémarre.

Par Aude
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Jeudi 8 février 2007

 


Cherchez pas, ça passera.

Par Aude
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Lundi 12 février 2007



12 février
. Un an de blog. Pile.
Souvenez-vous. J'aurais bien fait un article sur les petites joies d'une telle expérience, les rencontres, les échanges, tout ça, mais je ne m'en sens pas le courage. Merci à vous, visiteurs quotidiens, votre présence m'est indispensable.

12 février : trois mois, pile. Enfoiré de Manu, on ne t'oublie pas, tu vois.

12 février. C'était aussi l'anniversaire d'une femme que je voyais peu mais qui comptait beaucoup pour moi. Je me rappelle sa continuelle bonne humeur, son sourire à la clinique, un après-midi d'automne à San Sebastian. Felicidades, tia.

Finalement, on va prendre toutes ces petites pièces qui composent une vie, tous les drames de nos petites existences, tous les moments de bonheur aussi, et on va s'employer à en faire un beau patchwork de carrés de couleur.

Zou.

Par Aude
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Vendredi 9 mars 2007

Zou

Changement de décade ce week-end.
M'en vais faire mon Bénabar au bord de la mer pour fêter ça.
Soyez sages.

"A 5 dans la cuisine
Face à l'évier face à la mer
Week-end en Bretagne
C'est mon anniversaire
Où sont les assiettes? où sont les couverts?
Elles sentent pas un peu bizarre les praires?

Encore 2 bourriches d'huitres à ouvrir
Ce qui nous fait 72 bonnes raisons
D'avoir des points de suture
Les filles sont dans le salon
Parce qu'écailleur c'est masculin
Où sont les féministes
Quand il s'agit de s'ouvrir les mains?

Bon anniversaire petit trentenaire

Et le temps passe d'hier en demain
Ca me tragique ça me cruel
Mais j'y peux rien
Même les pompiers au regard si franc
Sur un calendrier n'ont rien de rassurant

Voilà c'est fait j'les ai soufflées
Ces putains de bougies
Je suis pas amer
J'ai juste les nerfs j'ai pas dormi
Comme vous avez tous annexé
Les jolies chambres d'amis
J'ai somnolé deux heures
Façon trappeur sur le tapis

C'est parti pour la balade sur la plage
Le sable dans les chaussures
Ca me gêne et ça me démange
J'ai mis 4 pulls pourtant j'ai froid en plus il bruine
Et j'ai mal au ventre c'est officiel
Les praires elles étaient pas cleans
On entame l'éternel foot tout bidon
Avec les poteaux de but en blousons
On va discuter le score
En crachant nos poumons
Et jurer de s'arrêter
De fumer pour de bon

J'ai besoin d'être seul
Je marche face à l'océan
Pour faire le point
Au contact des éléments
Mais tout ce que j'en conclus
Je dois pas être un poète
C'est que ça doit être chiant
Très chiant dêtre une mouette

Bon anniversaire petit trentenaire"

Bénabar



Et pour la photo, vous repasserez, je peux pas tout faire.  

Par Aude
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Vendredi 4 mai 2007

Souhaitez-moi bon courage, demain je rencontre une blogueuse.
Elle me semble un peu fêlée de la coucourde.
J'ai limite les j'tons.



Et en plus, il pleut.


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Dimanche 20 mai 2007

Prendre un virage. S’y lancer avec toute la fougue et toute la force dont on dispose. En dépit de la fatigue, accrocher le bonheur, du bout des ongles, puis s’y plonger enfin éperdument. Y croire. S’en convaincre. S’en convaincre. S’en convaincre encore. Courir sans cesse partout, tout le temps, poser un voile d’émerveillement sur chaque chose, et surtout éviter de prendre le temps de se poser. S’arrêter un instant pour observer, ce serait déjà jeter un doute. Surtout pas. 

 

Ce qu’il y a de bien dans ce type d’aventure, c’est qu’on est prêt à croire n’importe quoi. Par exemple, que l’on peut changer, soi. Que la transformation imprègne notre être de telle façon qu’on ne peut que devenir meilleur. Le pire, on l’a laissé derrière soi, évidemment n’est-ce pas bien sûr. Ah ! Nouveaux lieux, nouvelle personne : celle qu’on aimerait être. Ce sera facile.

 

Et puis un jour, on revient un peu sur ses pas. Un peu. Pas longtemps. Juste le temps de se dire, même pas mal, j’ai bien fait de déserter, je ne reconnais même pas le chemin. Et puis, et puis. On se surprend un soir à se demander si le lieu importe tant. On se surprend un soir à se retrouver soi-même, face à ces éternels défauts, ces traits que l’on pensait avoir rendus avec la paire de clés du dernier appartement. Je vous laisse l’Ajax, hein, et puis un petit carton plein de tout ce que je déteste en moi, sous l’évier. C’est que les poubelles ne passeront pas avant demain, vous comprenez.

 

Mais non. Ils étaient tapis là, bien au chaud, tous ces petits hérissons, ces boules de réactions qui piquent et qui font mal. Aux autres. Mal aux autres. Agresser au lieu d’aller piquer un sprint pour évacuer, ben tiens, c’est tellement plus facile. Dans les dents, tu l’as cherché. Ou pas. Admettons. Attraper un regard dans lequel la peine que l’on vient de causer côtoie l’incompréhension. Prendre le livre qu’on vous tend, et cacher vos larmes en faisant semblant de le feuilleter. Ravaler le tout pour mieux exploser encore, juste après. C’est ridicule. Pour rompre le sort, il faut finalement que, soudain, une autre vous prenne de force dans ses bras. Voilà. Libération. C’était si simple que ça ? Non, il fallait juste que cela vienne de quelqu’un d’autre et qu’on ne vous laisse pas le choix.

 

Car au fond, c’est peut-être ça, qui manque. Qu’un jour quelqu’un vous invite à basculer dans ses propres choix, et que vous vous éloigniez enfin des vôtres.

 

 

Quand le calme se réinstalle, on a envie de demander pardon. A ces autres qui comprennent tout et à qui l’on refuse tout. Le hérisson se met en boule et continue discrètement d’appuyer de temps en temps, là, au creux du corps. Pic. Pic. Pic. L’ignorer. Penser à la route, au fameux virage. Et si, et si… ?

 

 

Cuidate bien. Bien sûr. Merci. Pas de problème. De toute façon, je n’ai que ça à faire, non ? Personne d’autre à cuidar. A force de me regarder le nombril, je ne sais plus si les autres en ont un. Ils n’en ont pas l’air en tous cas. Comment font-ils ? Je vais vous avouer un secret : je suis entourée d’extraterrestres.

 

Le virage est pris depuis un petit moment déjà. La ligne droite s’ouvre, là, juste devant. C’est bien ça qui est flippant. Est-ce que c’était bien la bonne direction ? Pas le choix ; la voie est à sens unique.

 

Vous avez demandé le bonheur ? En voici les clés. On ne vous a pas dit ? Le mode d’emploi est en biélorusse oriental.

 

 

 

Par Morena
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