Et bien je crois que vous m'avez gâtée. Voui. Même que grâce à tous vos votes, je suis finaliste au Festival de Romans. Voui. Et même que je
ne sais pas comment vous dire tous les mercis qui trottent dedans ma tête et que j'aimerais déverser par wagons entiers du haut de mon balcon.
"ROXANE
Et bien ! si ce moment est venu pour nous deux,
Quels mots me direz-vous ?
CYRANO
Tous ceux, tous ceux, tous ceux
Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe,
Sans les mettre en bouquet, je vous aime, j'étouffe".
Voilà.
Merci. Vraiment, vraiment.
Tiens, deux ans, pile, que les maripositas qui croisent mon objectif au gré de mes humeurs viennent se poser sur la toile.
Si je m'y attendais...
En plus, je ne peux même pas vous faire un joli article d'anniversaire de blog, je ne peux toujours pas prendre le temps de répondre individuellement à vos gentils commentaires, parce que je n'ai
TOUJOURS PAS INTERNET A LA MAISON, NOM D'UNE GRENOUILLE MAL EPILEE !!!!
Merci à tous ceux qui viennent papillonner ici de temps en temps, en tous cas.
25 décembre 2007
Quelque part dans l'Est.
La route.
Milieu d'après-midi. A mes côtés, mon frère conduit.
Mon petit frère, 10 ans de moins et 15 cm de plus que moi. On ne se connaît pas tant que ça. Rarement partagé, rarement été seuls, face à face, côte à côte. La force des choses ; tous ces
kilomètres qui nous séparent. Et puis sans doute une fausse pudeur. Celle-là, si je la rencontre un jour, faudra que je pense à l'étrangler gentiment.
En route, donc.
Je repense au 25 décembre de l'année dernière, où nous étions là encore tous les deux, lui au volant, quittant une partie de la famille pour en rejoindre une autre.
Encore.
La musique tourne. Les demi-heures défilent. La complicité qui s'est installée m'étouffe parce qu'elle tout comme elle me ravit. Comme souvent dans ces cas-là, je me cache
derrière l'objectif. Les kilomètres défilent. Pas grand-monde sur la route.
La route. 25 décembre. Tout à l'heure, ou demain, je ne sais plus, je ne veux pas vérifier, je recevrai un message étrange d'Olivier. Interrogatif, un peu rieur aussi, mais surtout avide de
conseils sur le sens que je donne à ma vie, moi qui ai vécu quelques changements ces derniers temps. Je lui répondrai, nous échangerons encore une fois. Une dernière fois.
Mon frangin fait le pitre et monte le son. A croire que sous ses côtés bourrus, il perçoit de manière très incisive ce que je peux ressentir à ses côtés.
Et puis ce soir, là, ce soir, un ange a parcouru mon blog, pas à pas, de battement d'aile en battement d'aile. Elle, parce que c'est une elle, a posé de-ci de-là son empreinte toute douce en
marge de quelques clichés. En visant pile, toujours.
Et soudain, juste au-dessus de l'une de ses traces, j'ai relu un commentaire d'Olivier, que j'avais oublié.
"Je préfère tes photos. Mais c'est parce que je n'aime pas lire".
Grand couillon, va.
Bien sûr que tu aimais lire.
C'est juste que tu ne savais pas dire que y'avait des trucs qui te touchaient.
Mais puisque je m'égare et puisque de toute façon, là où tu es, tu t'en contrefous, alors je te dis juste, à toi qui aimais conduire, voir les paysages défiler en musique au gré de tes pensées,
alors je te dis juste :
Bonne route.
Baignes, Haute-Saône
Juillet 2007
Une salle de bain à carreaux, c’est quelquefois comme un miroir en noir et blanc.
C’est comme un endroit où l’on revient chaque été puiser un peu de force, dans une maison du bonheur indescriptible. Ah, ça, elle est riche en émotions, cette maison du bonheur.
Mais ce soir, c’est Vicente que je voulais évoquer.
Vicente, c’est plus de dix ans d’amitié.
Vicente, ça a commencé comme ça, au hasard d’une association étudiante Nord-Sud. De l’époque où l’on refaisait le monde via des pamphlets distribués largement au sein de l’IEP et où l’on
organisait des soirées intellectuo-musico-théâtro-cinémato-je t’embrouille, auxquelles on croyait fermement, dans les rues du 7ème de Lyon, et qui restent gravées en moi. J’étais
amoureuse à l’époque. Lionel. Même qu’il appelait Vicente Jean-Louis et que ça me faisait rire.
Vicente, il avait déjà ce regard clair et une expression qui interroge. Qui interroge le monde, et qui interroge celui qui ose essayer de lire en lui.
Vicente, ce sont des tumultes, des " écoute-moi " et des " fiche le camp ", dont je ne suis pas forcément fière.
Vicente, c’est la franchise à l’état pur, c’est la générosité. C’est tout un tas de trucs qui font du bien à l’âme. Vicente, il est pas parfait, mais son
imperfectitude, il ne la doit qu’à ce que je refuse d’admettre. Pour le reste, il a bon, toujours.
Vicente, c’est le genre de personnes, que dis-je, c’est l’unique personne que j’appelle un soir de concours, au bord de la mer, il y a sept ans, avec l’orage qui pointe, en lui disant vaguement
(je crois, je ne m’en souviens plus, en fait) que je suis une sous-merde et que je ne mérite rien. Ni cette situation, ni les résultats de ce foutu concours (qui se sont avérés positifs), ni
l’amitié, ni rien. Et dans ces cas-là, Vicente, c’est quelqu’un qui prend une heure, deux heures pour me susurrer des mots tout doux à l’oreille, alors que je suis paumée au fond d’une cabine au
bord de la Méditerranée. Sans doute qu’il a autre chose à fiche, mais que voulez-vous, c’est quelqu’un qui donne avant de penser à lui.
Et parlons-en, de donner aux autres. Y’a des étapes dans sa vie que je n’ai pas suivies, tout simplement parce que quelques mois auparavant, il avait appuyé là où ça fait mal, et que j’avais décidé de lui faire la gueule. Vous y croyez, vous ? Et bien oui. Morena, elle est comme ça. Et elle se ficherait volontiers des baffes, d’ailleurs. D'autant plus que lui est présent, toujours.
Du coup, Vicente, c’est quelqu’un de tellement bien, que c’est quelqu’un à qui j’ai pris l’habitude de me confier. Trop, peut-être. Le pauvre, il ne demande rien, il reçoit tout, le bon comme le mauvais. Et c’est pas évident à vivre, pour celui qui est en face. Parce que y’a des fois, j’ai envie de me confier sans me confier. Et dans ces cas-là, celui qui morfle, c’est pas forcément celui que l’on croit.
Vicente, désolée, et merci. Parce que c’est plus facile de le dire sur un blog que face à face dans un bar espagnol de la rue Montesquieu : merci. Pour ces dimanche soirs à mi-chemin entre Perrache et St-André, pour ces dimanche soirs en bord de Rhône, un soir d’août que je n’ai pas compris et pour la brouille à Bruxelles qui s’est ensuivie, pour toutes les brouilles que tu m’as pardonnées, merci pour Luz, pour tout ce que je n’ai pas la possibilité de narrer ici, merci pour les 11 dernières années et pour les 30 qu’il nous reste à partager.
Bien. Deux tags en l’espace de quelques jours, merci Len, merci l’Oeil : je crois que je suis obligée de répondre.
Je cite :
Le thème de la chaîne est le suivant : "Chaque personne décrit 7 choses d'elle-même. Ceux qui ont été tagués doivent écrire sur
leur blog ces 7 choses ainsi que le règlement. Vous devez taguer 7 autres personnes et les énumérer dans votre blog. Vous laissez un message sur leur blog en leur indiquant qu'ils ont été tagués
et les invitant à venir sur votre blog"
Voici donc, tadaaaaaaaaaaaaaaaaaaam, roulement de tambour, quelques détails sur ma petite personne, dont tout le monde se fout, m’enfin c’est la dure loi des blogs. *
Soupir *
1 – Je crois bien que je suis une gaffeuse de première. Et principalement, au boulot, parce que c’est plus drôle et parce que c’est beaucoup plus dur à rattraper. M’enfin bon, finalement, ça
détend l’atmosphère et ça créé des liens…
2 – Je ne parle toujours pas le biélorusse oriental. Mais je crois bien que je m'en fiche, finalement.
3 –
4 – J’ai un poil dans la main. Mon prof de Sciences Nat de 6ème ne s’y était pas trompé. Il m’a cataloguée direct, le p’tit gars. Bon, personne ne l’a cru,
évidemment, puisque j’étais bonne élève. Et j’ai traversé ma scolarité allègrement, sans en fiche une rame et en faisant illusion. Mais je reste scotchée par sa perspicacité.
5 – J’ai des enfants : des triplés, des bouts de chou trop mignons, un de chaque sexe, et dans trois jours je fête mes 20 ans de mariage.
6 – J’imite très bien le caniche. Ce qui, avouez-le, constitue un avantage incommensurable. Si, si. Bon, dès que j’ai trouvé un exemple probant, je reviens.
7 – J’adore qu’on me caresse les cheveux. Du genre : vraiment, on me passe la main dans les poils qui me servent de couvre-chef, et je fonds. Je me liquéfie, j’abandonne toute lutte. Inutile de
vous préciser, donc, que je suis capable d’épouser sur le champ le premier ou la première qui me fait un massage de la tête. En revanche, le premier ou la première qui ose s’approcher de mes
petits petons (même à un mètre cinquante), je ne garantis pas la repousse de ses dents. Même pas je vous conseille d’essayer. Que cela ne vous traverse même pas l’antichambre de la
coucourde.
Et je ne tagguerai personne. C’est vrai quoi. S’y colle qui veut. Ou pas.
