Dublin, Irlande
Octobre 2006

Dublin, Irlande
Octobre 2006
L'indépendant, il a le temps de regarder vers l'avenir en pensant à celui qui lui tombera dans les bras. D'avenir.
Même s'il n'en reste plus tant que ça.
Il s'en fout, l'indépendant, il attend. Il n'a que ça à faire, remarquez.
L'indépendant, il est fier. Fier de cette indépendance. Il la revendique haut et fort, même si quelquefois il suffoque, là quelque part à l'intérieur, du côté du coeur. Mais devant le monde, il
lève la tête. Si haut, l'indépendant, qu'il n'a pas les pieds sur terre, par moments.
L'indépendant, le jour où il se retrouve face à la dépendance, il est paumé. Il a beau regarder à gauche, à droite, sa liberté lui a bel et bien été fauchée. Reggiani peut aller se gratter les
coulisses de la poésie. Il avait tout compris, Reggiani.
Et quand la dépendance est relative à l'autre, l'humain, là, celui qui, hein.
Et ben.
Et ben faut apprendre, réapprendre le regard. Réapprendre le présent : celui qui aiguise l'absence, celui qui affûte les sens d'habitude inusités. Et réapprendre l'avenir, s'attendre à ce
qu'il nous tombe finalement dans les bras.
Faut aller voir l'indépendant, celui qui a un newspaper à la main, et lui demander si les nouvelles de demain seront bonnes.
Et partir en courant sans écouter la réponse.
Dublin, Irlande
Octobre 2006
"Personne n'est quelqu'un, un seul homme immortel est tous les hommes... Je suis Dieu, je suis héros, je suis philosophe, je suis démon et je suis le monde, ce qui est
une manière fatigante de dire que je ne suis pas."
(Jorge Luis Borges, L'immortel -L'Aleph)
Temple Bar, Dublin
Octobre 2006
"La réalité aime les symétries et les légers anachronismes".
(Jorge Luis Borges, L'auteur et autres textes)
Dublin, Irlande
Octobre 2006
"Ecrire, danser, composer, peindre, c'est la même chose qu'aimer. C'est du funambulisme. Le plus difficile, c'est d'avancer sans tomber".
(Maxence Fermine, Neige)
